Et si on vivait pour de bon?

Nous y voilà! Un mois que le blog existe, un mois que je vous partage mon odyssée. Comme annoncé au lancement, je souhaite, une fois par mois, changer de format et donner la parole à quelqu’un d’autre. C’est chose faite aujourd’hui. Ce mois-ci, j’ai eu la chance d’échanger avec Constance, créatrice du projet “Vivre pour de bon”, un tour de France culinaire. Je n’en dis pas plus, je vous laisse découvrir notre échange juste en dessous!

Où en étais-tu professionnellement et personnellement avant de lancer ton projet? 

J’ai fini mes études en école d’ingénieur agro alimentaire à Lyon à l’été 2020. J’étais 3 ans en alternance dans un gros groupe alimentaire dans lequel je contribuais aux projets d’innovation et au développement des produits en fonction des tendances. J’adore la cuisine donc ce service me plaisait bien au départ. Seulement, après ces trois ans, j’avais l’impression d’avoir déjà fait le tour, j’en avais marre. Je sentais que je voulais autre chose, pourquoi pas créer mon propre concept, un restaurant peut-être?

En même temps, je sentais que j’avais besoin de faire un break, autant professionnel que personnel. Suite à une rupture, je me retrouvais face à moi même, face à tout ce temps libre. Je n’avais pas de pied à terre, j’aimais voyager, et c’est là qu’est venue l’idée du tour de France.

As-tu senti ce besoin de te lancer dans l’entreprenariat? C’était ta seule option à ce moment-là?

Oui, totalement. J’ai l’impression que notre génération, on a plus forcément cette envie de rester 20 ans dans la même boîte, gravir les échelons. On veut faire un métier qu’on aime et c’est finalement à notre âge qu’il faut se poser les bonnes questions, se demander ce qu’on veut, ce qu’on ne veut pas. On a encore le temps de se lancer dans de nouvelles choses, autant en profiter! Je savais que je voulais bosser pour moi, je n’étais plus épanouie dans le salariat.

« Tu n’as qu’une vie, profite-en et fais toi plaisir! »

Ma première expérience professionnelle était dans une grosse boîte, très hiérarchisée, où parfois, on avait un peu l’impression d’être des pions. Cette impression aussi qu’il faudrait presque 10 ans pour faire bouger les chose alors que je suis du genre à foncer sur les opportunités, j’y vais à fond! Être dans une grosse boîte ne me ressemblait pas. 

J’ai aussi eu une expérience dans une petite boîte. Ici, tu fais tout: salon du chocolat, vente, développement de produits et j’en passe. J’ai adoré être sur plusieurs tâches à la fois. En arrivant au boulot, tu sais que chaque journée sera différente. Et c’est dans cette entreprise que j’ai côtoyé un entrepreneur. Je me demande alors si l’entrepreneuriat pourrait être une bonne alternative pour moi. Entreprendre, travailler ma propre idée, être indépendante. Etre le maître du jeu. Oui c’est peut-être fournir 3 fois plus de travail pour monter son business, mais au final c’est la liberté. 

Comment as-tu vécu les débuts de « Vivre pour de bon »? 

Au début, c’est un sentiment super bizarre! La première semaine suivant ma démission, c’est un peu de stress, de peur aussi. Je suis là, face à mon ordinateur, et je me dis: « ok je fais quoi? ». Je vois mon entourage, tous bien casés dans leur CDI, alors que moi, j’avais justement refusé un CDI! Finalement, je savais ce que je voulais à cet instant T de ma vie. J’avais besoin d’un break. Me changer les idées, découvrir de nouvelles choses.. C’est donc en mixant ces besoins et ma passion pour la gastronomie que j’ai décidé de faire un tour de France culinaire et de partager mes découvertes, sous forme de vidéos. Une fois que l’idée est là, tu es tellement à fond, tu ne vois pas le temps passer! J’adorais le début du projet ou tu mets tout en place: créer un site internet, le logo, trouver les producteurs, les spécialités, organiser l’itinéraire… Je voulais simplement découvrir de bons produits, il n’y avait aucun gain financier dans ce tour de France pour moi.

Vivre pour de bon, c’est presque une philosophie. Découvrir des spécialités artisanales, montrer ces savoir-faire qu’on a tendance à oublier aujourd’hui à force de vouloir tout standardiser, tout industrialiser.  

Comment contactes-tu les producteurs? As-tu eu des refus?

Essentiellement sur internet, en tapant le nom des spécialités qui m’intéressent. Je voulais découvrir des recettes régionales, mais pas n’importe lesquelles. Pour l’Alsace par exemple, je ne voulais pas parler de la choucroute, je voulais mettre en valeur d’autres spécialités moins connues! Une fois les spécialités trouvées, je prenais contact avec les professionnels qui faisaient ça dans chaque région. C’est beaucoup sur les réseaux sociaux, internet ou par le woofing (travailler chez les producteurs en étant logés et nourris).

J’ai eu des refus, oui, mais pour les demandes de sponsorings seulement. Autrement, les gens étaient très ouverts : super accueil, super échanges, ils adoraient l’idée globale, surtout le fait que ce soit quelqu’un de ma génération qui porte ce projet.

Qu’est ce que t’ont apporté ces échanges?

Tu te rends compte du travail qu’il y a derrière les produits.  Notre génération actuelle, on ne serait pas tous capables de se débrouiller. On perd malheureusement beaucoup de ces connaissances de base au fil des générations. Et ces échanges m’ont justement montré combien il est important de revenir à l’essentiel.

J’apprends beaucoup aussi, je découvre plein de métiers différents. Un jour je vais traire pétrir le pain, et l’autre tenir une boutique. Tu découvres ce que tu aimes faire, ou non, au travers de ces expériences. Et je pense qu’il n’y a rien de mieux que d’expérimenter, d’essayer, pour savoir ce qui te plaît vraiment.

Echanger avec des passionnés, découvrir leur mode de vie, leur monde à eux, c’était très important pour moi. Tu as vraiment le sentiment d’être proche d’eux. Tu noues une vraie relation si tu prends le temps.

Création du projet en 2020. Où en est ton projet aujourd’hui? 

Au début, je me suis dit 48 jours de « kiff », une semaine environ chez chaque artisan. C’était 9 mois d’affaires dans mon sac. L’idée était d’utiliser tout ce que j’allais découvrir comme tremplin pour créer quelque chose d’autre, un restaurant, un site e-commerce. Grâce à mon tour de France, j’avais de nouvelles connaissances et de nouveaux contacts. Je commençais à me créer un vrai réseau de professionnels. J’ai commencé en 2020, avec l’Alsace, la Lorraine, Champagne Ardennes et j’avais prévu de faire la partie Ouest, notamment la Bretagne.

Mais les confinements m’ont un peu coupés dans ma lancée. J’ai dû retourner vivre en Alsace chez mes parents. A ce moment, grosse remise en question. Que faire? Repartir en tour de France? Avec ce confinement, les couvre-feux, je me demandais si je devais continuer le projet. Car finalement je ne gagnais pas d’argent, le projet n’était pas rentable à ce moment. Tu te rends compte que parfois, certaines choses ne dépendent pas de toi, il s’agit juste de l’accepter.

Mon ancienne entreprise m’a rappelé pour me proposer un CDD sur 3 jours par semaine. J’avoue qu’être sur plusieurs projets en même temps demande beaucoup d’organisation. C’est difficile d’avoir de l’énergie pour deux projets. Je sais que mon CDD n’est pas définitif, et un CDI n’est pas envisageable pour moi car je n’ai pas envie de donner toute mon énergie pour un projet qui n’est pas le mien, dans lequel je ne trouve pas de sens.

As-tu un conseil pour quelqu’un qui veut se lancer?

Avoir la niac. Croire en son idée et vouloir qu’elle aboutisse. Pour ma part, j’ai plein d’idées mais je les questionne toujours. Si l’une d’elle ne résonne pas totalement, je passe à la suivante. Et le jour où tu tiens vraiment la bonne, tu es tellement à fond que tu transpires ton idée. Et sincèrement, elle peut te tomber dessus n’importe quand, n’importe où!

Les gens te suivent car tu incarnes ton projet. S’entourer des bonnes personnes, se faire accompagner, oser en parler, même si on a peur. Confronter son idée aux autres permet d’avancer plus rapidement car ce sont ceux qui vont potentiellement acheter ton produit. Il faut savoir demander de l’aide, demander des avis, mais également s’écouter soi et se faire confiance.

Pour moi entreprendre, ça reste un caractère. Certains préfèrent la sécurité, la voie toute tracée, ce que je peux totalement comprendre. Il est important de garder à l’esprit que, faire des concessions, essuyer quelques échecs pour poursuivre un truc qui te plaît, n’est pas forcément mauvais. Ce ne sont que des étapes, parfois contraignantes certes, mais qui te permettront d’avancer.


Les coulisses de notre rencontre.

Cette interview avec Constance, c’était une grande première pour moi. Je suis sortie de ma zone de confort afin d’échanger avec une personne que je ne connaissais pas. Je cherchais un profil atypique, une personne qui a osé faire les choses différemment, en écoutant ses propres besoins, ses envies et ses passions.

J’avais découvert son univers, sa passion pour la gastronomie au travers de son blog, ses réseaux, sans vraiment connaître la personne qui se cache derrière. J’avais des appréhensions, forcément. Pour préparer mon entretien, j’avais fait une liste des questions que je voulais lui poser, en sachant que sur le moment, je n’aurais peut-être pas l’occasion de tout demander. Au final, je n’ai posé que deux questions préparées, le reste est venu très naturellement. Je me reconnaissais aussi beaucoup dans ses propos. En rédigeant l’article, je me suis aussi rendue compte que notre rencontre collait beaucoup avec le message que j’essaye de faire passer, celui de vivre sa propre vie, s’épanouir et suivre son chemin à soi. Vous venez ainsi de découvrir ma première rencontre singulière.

 

À la semaine prochaine,

Sterenn

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