Partir un mois en mission solidaire.

Pour inaugurer la nouvelle rubrique de mon blog, quoi de mieux que de commencer par ma prochaine aventure: partir un mois en mission solidaire. Ici, j’avais envie de vous parler de mes expériences, de mes voyages, comme il se doit. Dans cet article, j’ai voulu vous parler de mes questionnements avant de me lancer et partir un mois, loin de chez moi. Cet article vous aidera sûrement si vous êtes face aux mêmes doutes, à la même envie de partir découvrir le monde et d’aider, à votre manière.

Le bon moment.

Depuis quelques années, je dirais depuis le lycée, j’avais toujours dans un coin de ma tête l’idée qu’un jour je partirai, avec une amie, faire une mission solidaire à l’étranger. J’ai commencé à m’y intéresser plus en détail en licence, à trouver des associations, à déterminer combien de jours je souhaitais partir avec mon amie. Nous n’arrivions pas vraiment à nous mettre d’accord sur les dates, sur la mission. Je comprenais que le plan tombait à l’eau et que ce n’était pas pour cette fois. Mon chemin continue, je termine mes études, je débute dans la vie active, j’arrive en octobre 2020 où je sature de mon job, que je décide de quitter. Début 2021, je me retrouve face à moi-même, avec cette volonté de trouver ce qui me fait vraiment vibrer, le job qui pourrait mieux me correspondre. C’est là que je décide de m’intéresser au milieu associatif, de me porter bénévole pour une association en les aidant sur la communication. L’association en question propose à des volontaires de partir en mission dans différents pays, pour aider les populations sur place. Coup du destin sûrement, je découvre les bénévoles, leur travail et je tombe sur une mission dans une école primaire en Tanzanie.

« Respecte le rythme de la vie, chaque chose arrive au bon moment. »

J’ai le coup de cœur, je sens que c’est ça, que je dois y aller. J’en parle à mon amie avec qui je voulais partir et là, elle ne peut pas se permettre de partir 4 semaines, de poser des congés. C’est alors que je me rends compte que cette mission, je dois la faire seule. C’est le déclic. Il est temps de partir seule et me décider à faire cette mission pour moi.

Quand j’ai écrit cet article, je suis tombée sur cette citation « open to new opportunities » et c’est exactement le sentiment qui me vient, à ce moment-là. J’étais dans une phase de ma vie où j’étais complètement ouverte à de nouvelles choses, de nouvelles opportunités et c’est bien à cet instant que la vie m’a mise sur le chemin de cette mission solidaire. Oui, tout semblait me pousser dans cette direction. Alors, j’ai décidé d’y aller, de me lancer dans cette nouvelle aventure.

À l’étranger?

C’est vrai que j’ai toujours été attiré par les missions solidaires à l’étranger, d’aider des populations beaucoup plus lointaines alors que finalement, je peux aider ici, en France. Dans des associations, de moi-même, j’avais des possibilités d’aider à mon échelle, dans ma ville. Mais quelque-chose m’attire ailleurs. Le changement d’environnement peut-être, la découverte d’un nouvel endroit, l’excitation de sortir de la routine aussi. J’avais l’impression d’être plus utile dans un autre pays à vrai dire. J’avais aussi besoin d’être confronté à une autre culture que la mienne.

Finalement je voulais que cette expérience soit enrichissante, que j’apprenne de nouvelles choses, de nouvelles façons de voir la vie, de nouvelles coutumes. Oui, je crois que c’est cet ensemble de choses qui me poussait à vouloir partir en mission solidaire à l’étranger. Et puis finalement, qu’est-ce qui m’empêche de faire les deux?

Les doutes.

Je ne vous le cache pas, j’ai douté. Partir en Tanzanie, c’est forcément un coût. J’avais pas mal de dépenses que j’avais prévu comme le visa ou l’avion mais des dépenses comme les médicaments, les vaccins, je n’avais pas forcément pensé à tout. C’est d’ailleurs ce qui m’a le plus fait paniquer ces derniers jours, la peur de manquer d’argent. C’est vraiment difficile à gérer parfois, j’essaye de relativiser mais j’ai depuis très longtemps cette croyance ancrée vis-à-vis de l’argent. J’y travaille mais ce n’est pas facile tous les jours.

« Un voyage est la seule chose qui s’achète et vous rend plus riche. »

Je me dis surtout que c’est mon choix de partir, que je vais retirer énormément de choses de ce voyage et que pour moi, une part importante de mon épargne part dans les voyages car c’est une vraie passion. Je sais donc pourquoi je pars, je sais que je vais recevoir une autre forme de richesse beaucoup plus personnelle et précieuse. Et je sais aussi mes intentions professionnelles après ce voyage. Ces dernières semaines ont donc été un travail de lâcher-prise, d’acceptation et de gratitude. J’ai la chance de faire cette mission solidaire à 24 ans, mon corps me permet de le faire, mon entourage me soutient, je sais que c’est la bonne décision, alors j’essaye un maximum de mettre mon cerveau en pause pour apprécier tout ce qui m’arrive et va m’arriver.

La volonté d’être utile.

Dans le paragraphe précédent, je vous disais que je savais pourquoi je partais. Quand je me suis posée cette question pour la première fois, sincèrement je n’ai pas hésité: je voulais aider, être utile. Je voulais apporter aux enfants, un maximum. J’ai voulu créer une cagnotte pour pouvoir leur ramener des fournitures scolaires et je dois dire que j’étais assez fière de moi d’avoir osé le partager sur les réseaux, d’élever ma voix pour demander de l’aide. Je m’envole donc avec une valise bien remplie pour les enfants.

Revenons à cette notion d’utilité. Quand je parle de mes attentes professionnelles, personnelles, ce mot revient souvent. J’ai vraiment ce besoin d’apporter à l’autre, de l’aider, de créer vraiment un lien, une relation. Car je sais évidemment que les enfants, les femmes et les hommes sur place vont énormément m’apporter. Partager, rencontrer, découvrir, évoluer finalement. Oui c’était pour ça que je voulais partir. Et je crois qu’une fois qu’on sait qu’on part pour les bonnes raisons, des petits signaux nous apparaissent: c’est le bon moment.

Se dire qu’on veut être utile, mais se demander comment? Oui je suis évidemment passée par là. Souvent face au syndrome de l’imposteur, je doute régulièrement de mes capacités, de mes qualités, de ce que je peux finalement apporter aux autres. Et je trouve que cette expérience aide énormément sur le sujet là. On se rend très vite compte du potentiel qu’on a finalement tous au fond de nous. En parlant des missions, je me suis rendue compte que oui, j’étais capable de beaucoup de choses diverses, et que je pouvais aider sur plusieurs domaines. La confiance personnelle remontait d’un coup! De toute petites choses qui vous paraissent faciles, futiles même, peuvent s’avérer super importantes sur place et je pense sincèrement qu’on se rend compte de nos atouts, de notre valeur. C’est vrai que les études tendent à nous enfermer dans des cases mais qu’importe. Nous sommes capables de beaucoup de choses. Il suffit juste de rester ouvert aux différentes opportunités. Et qui sait, vous découvrirez peut-être une passion, un don ou le métier de vos rêves?

En pratique.

Pour ma part, j’avais la chance de connaître l’association de « l’intérieur », je savais donc comment ils travaillaient, ce qui m’a beaucoup rassuré. En effet, je trouve que c’est parfois difficile de choisir un organisme, oser se lancer, sans connaître. J’ai donc sauté le pas, bien entourée. Si je peux vous donner un conseil c’est vraiment de prendre contact, envoyer des mails, appeler, s’entretenir avec des personnes de l’asso pour instaurer un climat de confiance. Ils sont là pour vous accompagner alors n’hésitez pas à poser vos questions, rencontrer même des bénévoles ou des anciens volontaires!

Je vous conseille également en cette période de bien vous renseigner sur les conditions sanitaires du pays d’accueil. Très changeant, certains pays retrouvent les couvre-feux, les quarantaines etc. Référez-vous aux sites officiels, aux ambassades, vous trouverez toutes les infos!

Avant votre départ, je trouve qu’il est important de s’informer un minimum sur le pays. En effet, il y a des fois des règles à respecter, des normes différentes de chez nous à connaître surtout si vous logez comme moi, chez l’habitant. Faire des petites recherches vous permettra aussi d’en apprendre plus sur l’histoire du pays, la culture, pour pourquoi pas instaurer le dialogue sur place et montrer votre intérêt auprès des habitants.

Dernier point important: n’ayez pas peur de partir seul(e). Pour le coup, j’étais la première à hésiter. Si vous voulez partir, faites-le. N’attendez sur personne car c’est votre mission, votre aventure, votre vie aussi. Et puis si ça peut vous rassurer, sur place, vous rencontrerez de nombreuses personnes. Alors si vous avez cette envie au fond de vous, je ne peux que vous encourager à vous lancer!

« Life is a journey. Make the best of it. »

À très bientôt pour la suite de cette aventure,

Sterenn

Les petits pas vers le développement de soi.

Depuis quelques semaines, je me suis rendue compte du chemin que j’ai parcouru. J’ai pris la décision de dire stop à une situation qui ne me convenait plus, j’ai entamé un travail sur moi-même. J’ai pris conscience que je devais prendre le contrôle de ma vie et faire moi-même les changements nécessaires pour qu’elle me corresponde. J’ai découvert des aspects de ma personnalité, j’ai appris de nouvelles choses qui me passionnent aujourd’hui, j’ai échangé avec de nombreuses personnes. En bref, j’ai avancé vers mon équilibre, mon épanouissement personnel. Dans cet article, je vous fais part des petits pas que j’ai pu faire pour m’approcher au plus près de qui je veux réellement être et devenir.

La curiosité bien placée.

Pour moi, l’une des choses essentielles pour mieux se comprendre et s’approcher de nos aspirations profondes, c’est d’être curieux. En effet, la curiosité bien placée a tendance à nous pousser, nous faire progresser car elle impulse souvent une action et amène au questionnement. Elle nous amène vers la nouveauté, nous pousse parfois hors de notre zone de confort. Ma curiosité m’a amenée à partir à l’étranger, à apprendre l’anglais, à découvrir de nouvelles disciplines.

« À l’origine de toute connaissance, nous rencontrons la curiosité. Elle est une condition essentielle au progrès. »

Alexandra David-Néel

La curiosité nous invite à nous poser de vraies questions et à effectuer un travail de recherche pour en trouver les réponses. C’est comme ça que j’ai commencé. J’étais curieuse de me connaître réellement, ce qui a été la base de mon travail personnel. Tout démarre de la connaissance de soi, ses valeurs, ses envies, ses besoins. J’avais le désir de me connaître, ce désir de savoir; c’est ce qui m’a poussé vers cette introspection. C’était même un besoin afin d’avancer vers ce que je voulais devenir.

La curiosité, ça se cultive! J’ai toujours aimé lire et je m’y suis remise quand j’ai commencé mon introspection. J’ai cependant essayé de varier les sources d’informations, et c’est là que j’ai découvert les podcasts. Pour moi, c’était une très bonne manière de combler ma soif de curiosité. Des sujets très variés suscitaient mon intérêt. À chaque nouvelle écoute, j’apprenais de nouvelles choses qui m’aident encore aujourd’hui. Je suis obligée de citer GenerationXX ici qui est le podcast qui m’a le plus aidé dans mon travail personnel. J’y découvrais des profils atypiques, des parcours de vie, des personnalités riches rendant ces échanges très enrichissants. Vous l’aurez compris, la curiosité bien placée m’a amenée à découvrir de nouveaux horizons, d’autres manières de fonctionner, de penser, qui aujourd’hui m’ont énormément fait évoluer. Comme quoi, être curieux n’est pas un vilain défaut!

Aller vers autrui.

Longtemps, j’ai pensé que travailler sur moi signifiait travailler seule. Je vous annonce de suite que j’avais tort. L’un des pas les plus importants que j’ai pu faire était d’oser aller vers autrui. Oser l’échange, oser demander conseil, même demander de l’aide. Il y a des jours où le moral n’y est pas, et ce sont des moments que nous pouvons partager. Des baisses de motivations, le sentiment d’être nul, de ne pas y arriver, de ne pas savoir où aller, tout ça est normal. Mais rien ne vous oblige à vivre ce moment seul. En vous recroquevillant sur vous-même, il est fort probable que la situation s’aggrave. Et pour cause! Beaucoup de choses se passent dans notre tête et le fait de confronter cela avec notre entourage nous sort de nos pensées et nous redonne espoir. Etre bien entouré, partager, c’est l’une des clés pour aller de l’avant.

Aller vers autrui, c’est également découvrir de nouveaux profils, des vies atypiques. Il y a quelques semaines, j’ai entamé des enquêtes métiers et j’ai décidé d’écrire à de nombreux professionnels que je ne connaissais pas, pour les interviewer. J’étais complètement stressée à l’idée de téléphoner à des personnes que je n’avais jamais rencontrées. Mais je crois au dicton qu’on ne rencontre personne au hasard. J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai rencontré plus de 20 professionnels, tous plus bienveillants les uns que les autres. J’ai pris confiance en moi et j’ai énormément appris via ces échanges. J’ai rencontré des personnes inspirantes qui m’ont permis de faire le bilan sur ce que je souhaite dans mon avenir professionnel ou non. J’ai aussi découvert de nouveaux traits de ma personnalité. Un pas de plus vers la connaissance de soi.

Les nombreux échanges que j’ai pu avoir ces dernières semaines, que ce soit avec des professionnels, des personnes de mon entourage, même avec certains d’entre vous m’ont aussi appris l’importance de la gratitude. Envers autrui, pour tout ce qu’ils m’ont apporté. Tous les conseils que j’ai pu recevoir, le soutien, ça n’a pas de prix. J’ai aussi compris l’importance d’avoir de la gratitude pour la vie, de ce qu’elle met sur ma route, le positif comme le négatif, qui me permet d’en apprendre chaque jour un peu plus, et de grandir.

Investir sur soi. 

Se découvrir passe par l’apprentissage. Sorti des bancs de l’école, rien ne vous empêche de développer vous mêmes vos connaissances, de vous donner les moyens en investissant sur votre propre personne. Vous avez le pouvoir, vous pouvez vous en donner les moyens. Prendre le temps d’apprendre est une réelle richesse pour soi. Pour ma part, j’ai décidé de changer de voie. Très vite, je me suis rendue compte que j’avais besoin d’acquérir de nouvelles connaissances pour me sentir à l’aise dans un nouveau domaine. J’ai décidé de me former en autodidacte via des moocs, des conférences, des ateliers en ligne. J’ai découvert les formations LinkedinLearning, et pendant des semaines, je me suis faite des plannings de formation. Il était temps de croire en moi, en mon futur et d’investir sur moi. Les contenus sont très accessibles pour se former, alors pourquoi ne pas tenter d’en apprendre encore plus sur vous? Qui sait, vous découvrirez peut-être un talent caché?

« Ne cesse jamais d’apprendre car la vie ne cesse jamais d’enseigner. »

Prendre le temps de me former, de tester, m’a aussi permis de renouer avec ma créativité. Dans mon ancien job, je n’avais pas de place pour mon côté créatif. Je faisais ce qu’on me disait, sans ajouter ma touche personnelle. En décidant de tester de nouvelles choses, j’ai compris combien ce trait de ma personnalité avait été oublié dans ma vie professionnelle. Je suis allée à des ateliers culinaires, j’ai testé la photographie, j’ai appris à coudre. Toutes ces choses m’ont permis de comprendre que la créativité m’était désormais indispensable dans mon futur job. Par la créativité, j’ai le sentiment de m’exprimer. Je pense d’ailleurs que c’est l’un des traits de personnalité qu’on a le plus tendance à oublier dans la vie professionnelle toute tracée.

Passer à l’action.

Le plus difficile, c’est souvent de savoir par où commencer. Vous avez déjà quelques pistes, mais le plus important reste de croire en vous, tout simplement. Stop aux croyances limitantes du style « je n’arriverais pas à me motiver », « je ne suis pas assez intelligent pour commencer une formation », « tout ce travail ne sert à rien ». Le pouvoir de la pensée est assez incroyable, et le fait de vous rappeler constamment que vous allez y arriver peut tout changer. Comme moi, vous vous êtes sûrement rendu compte qu’en partant défaitiste, le résultat était souvent à la hauteur de votre ressenti? Croyez en vous, ne laissez pas le jugement des autres ou des croyances vous barrer le chemin. N’oubliez pas, vous êtes le maître du jeu. C’est votre vie.

« Ce que l’on pense, on le devient. Ce que l’on ressent, on l’attire. Ce que l’on imagine, on le crée. »

Bouddha

Oui il faut y croire. Ensuite, il faut se mettre en action. Investir sur soi ou aller vers autrui sont des actions à prendre en compte. C’est l’idée de se mettre en mouvement pour aller vers son but. Parfois, il est nécessaire de se fixer des objectifs clairs pour savoir où l’on va. Pour ma part, en commençant, j’avais énormément de questions en tête. J’ai pris le temps de les noter, au fur et à mesure. Chaque semaine, l’objectif était de répondre à trois questions et de faire un bilan. Pour vous donner un exemple, je ne savais pas vraiment quelles étaient mes valeurs. Mon objectif était donc d’explorer, de rechercher et de me fixer mes propres valeurs, que je puisse comprendre ce qui était vraiment important pour moi. La semaine suivante, ma question était de savoir pourquoi je me sentais souvent illégitime. Je prenais donc une semaine pour comprendre d’où venait ce sentiment et comment je pouvais faire pour le surmonter.

Pour finir, je pense qu’il est nécessaire d’aborder un point primordial ici: la patience. Je me suis souvent sentie frustrée car j’avais le sentiment que je n’avançais pas, que rien ne se passait. Comme je le disais plus haut, ce sont des petits pas vers le développement de soi. Rien ne sert de s’y mettre corps et âme, de focaliser tout son temps sur soi. J’ai moi-même fait l’erreur de partir dans une quête de sens, jusqu’à ne penser qu’à ça. Mais c’est un long travail, et vous n’aurez pas toutes les réponses d’un coup. Il faut apprécier le chemin, apprécier les enseignements tout du long. C’est le chemin qui nourrit et je l’ai compris ces dernières semaines. J’ai ralenti, j’ai pris du temps pour d’autres choses et j’ai vu des changements. J’ai arrêté de me focaliser non-stop sur ce travail personnel et c’est comme ça que sont venues certaines réponses. Il faut rester ouvert, ne pas se centrer que sur soi. Votre environnement peut vous apporter plus que ce que vous croyez.

Et toi, quel petit pas vas-tu faire aujourd’hui?

Sterenn

Parlons de multipotentialité.


Jeudi dernier, suite à la publication de mon article, j’ai eu la chance d’échanger avec plusieurs d’entre vous. Pour beaucoup, la quête du “métier passion” engendre de la frustration car, choisir cette voie, c’est tirer un trait sur toutes les autres.

Est-ce que, toi aussi, tu ressens un profond intérêt pour des sujets très variés, une soif d’apprendre constante? Est-ce que tu te reconnais également dans ce sentiment, pas très agréable, d’être moyen en tout? Si l’une de ces phrases résonne en toi, je te conseille d’aller découvrir le TED Talks d’Emilie Wapnick et de poursuivre cet article ensemble. Car peut-être que, toi aussi, tu es multipotentiel.

Multipotentiel, késako? 

Être multipotentiel, c’est être touche à tout. Le multipotentiel s’intéresse à différents sujets, très variés et ce, constamment. Cette importante curiosité s’accompagne généralement d’une grande créativité au quotidien. Pour ma part, c’est réellement ces deux points qui m’ont fait prendre conscience que je suis multipotentielle, ou “généraliste”. Mes compétences sont variées, je m’intéresse à beaucoup de choses mais, je ne suis pas forcément spécialisée. C’est finalement tout le contraire du spécialiste qui, lui, maîtrise un sujet sur le bout des doigts.

Comment créer une vie à son image?

Vous l’aurez compris, les travaux d’Emilie Wapnick m’ont permis de mieux comprendre mes blocages et surtout, de me rassurer. Je découvrais alors beaucoup de choses sur moi, sur mon fonctionnement. Si, au départ, je cherchais seulement à appliquer cet aspect de ma personnalité dans la sphère professionnelle, j’ai vite compris qu’être multipotentiel était un élément à considérer dans ma vie en général. En effet, l’épanouissement, le sentiment d’accomplissement ne se trouve pas uniquement dans un contexte professionnel. Il me fallait donc créer une VIE à mon image et pas simplement une carrière.

Pour les multipotentiels, on recense 3 éléments dont nous avons besoin pour être heureux et épanouis au quotidien: l’argent, le sens et la variété.

L’argent, au service de tes projets.

Oui, on commence par le sujet le plus compliqué à aborder, car empreint de beaucoup de croyances. Moi-même, j’ai eu des rapports compliqués avec l’argent, ayant souvent peur d’en manquer. C’est donc vraiment important de définir quel montant nous avons besoin pour vivre confortablement. On a tous tendance à dire « je veux plus », sans définir de combien nous avons réellement besoin. C’est d’ailleurs pour cela que j’avais constamment ce sentiment de « ne pas avoir assez ». Multipotentiel ou non, il est important de définir ce montant dont nous avons besoin pour vivre sereinement. Mais pour les multipotentiels, il est parfois nécessaire de définir un montant plus élevé afin de vivre pleinement une vie sur plusieurs fronts, car l’argent, sera au service de nos multiples projets.

L’argent est un ingrédient essentiel d’une vie heureuse, mais pas le seul. Il faut le combiner avec les valeurs et les envies importantes pour nous. » John Armstrong

Trouve ce qui a du sens pour toi.

Ecrire mes articles a du sens pour MOI. J’ai le sentiment d’apporter des réponses, de rassurer, de me sentir utile. Ça me stimule, me remplit d’énergie. Je pense qu’il est important de ne pas faire les choses sans raisons mais de se demander pourquoi on les fait. C’est d’ailleurs cette réflexion qui a été l’élément déclencheur de ma démission en octobre dernier. Je ne savais plus réellement pourquoi je faisais ce job, ce qu’il m’apportait ou ce que moi-même j’apportais. Vous l’aurez compris, le multipotentiel a réellement besoin de trouver ce qui fait sens pour lui afin d’être épanoui dans sa vie.

“Comme pour l’argent, l’important ce n’est pas que tout ce que nous faisons réponde à notre sens profond, mais que globalement, nous ayons assez de sens dans notre vie pour sentir que nous avons un impact positif dans le monde.” Emilie Wapnick

Un peu, beaucoup de variété.

Par nature, les multipotentiels ont besoin de variété pour être heureux. Or, quand nous devons choisir une carrière, il est très rare qu’on tienne compte de ce besoin. Pour vous donner un exemple, tous les conseillers que j’ai pu rencontrer ont tenté de m’orienter vers un emploi précis, plutôt que de m’aider à créer une profession multifacettes.

Diverses études ont montré que les profils multipotentiels ou encore généralistes s’ennuient très rapidement lorsque ce besoin de variété n’est pas satisfait. Moi-même, avant de quitter mon job, j’ai senti que je n’avais plus ma place car l’ennui était trop présent.

Les défis du multipotentiel.

Au fur et à mesure de mes recherches, je me rends compte des nombreuses singularités qu’ont les multipotentiels. Je vous parle ici des défis que j’ai pu relever personnellement, qui sont bien spécifiques à ce profil atypique.

Trouver sa place au travail.

Trouver un emploi qui nous permet à la fois de continuer à explorer nos multiples intérêts et d’avoir une stabilité financière n’est pas simple. Comme vous avez pu le constater dans mon précédent article, je suis moi-même passée par là. Quel est le moyen de combiner mon besoin de variété avec un revenu confortable? Et bien, à vrai dire, plusieurs choix s’offrent à moi. Emilie a recensé 4 approches bien distinctes pour accepter sa multipotentialité et être épanouie dans sa carrière:

Pour ma part, après réflexion, l’approche « Group hug » est celle qui me conviendrait le mieux. J’ai besoin d’avoir un job polyvalent, où je peux avoir de nombreuses activités. J’ai besoin que mon job m’apporte une certaine sécurité financière, mais également la variété suffisante à mon épanouissement. Pour avoir essayé l’approche « Einstein », elle ne me convient pas du tout. Je faisais quasiment la même tâche, tous les jours, pour un revenu plus que confortable. Cependant, si mon besoin monétaire était comblé, celui de la variété ou même du sens ne l’était pas. Ce travail demandant beaucoup d’énergie, je ne pouvais combler les autres besoins dans mon temps libre.

“Je n’oserais pas dire à mes lecteurs multipotentiels de choisir un seul modèle ! Mélangez et assortissez les quatre approches comme cela vous plait.”

Etre efficace sur plusieurs fronts.

Quand on est multipotentiels, il est difficile d’avancer sur tous nos projets en étant efficace. Parfois, les journées semblent même être trop courtes pour explorer tout ce qu’on souhaiterait. Voilà pourquoi c’est un défi important. Etre capable de choisir sur quoi se focaliser car nous avons tendance à vouloir TOUT faire. Il est donc important de prioriser pour être plus efficace. Vous le savez maintenant que j’adore faire des to-do lists, mais prioriser ce que je faisais dans une journée était plus compliqué (bon j’avoue que ma séance de sport, je la plaçais souvent en dernier). J’essayais donc de structurer mon emploi du temps au maximum pour que je puisse m’adonner à plusieurs activités.

Cependant, certains jours, j’étais exténuée. Je sentais clairement que j‘étais submergée et que je ne trouvais presque plus de plaisir car j’avais trop de projets en même temps. Il est donc très important de se fixer des limites, d’être capable de s’arrêter. Il est tout aussi important de savoir quand passer à l’action que de savoir quand ralentir.

Reconnaître sa juste valeur.

Quand j’ai vu pour la première fois le TED Talks, je me suis sentie comprise. Je n’étais plus seule à fonctionner comme je le fais et je comprenais ainsi qu’être généraliste pouvait être une force. Cependant, avant de relativiser, il était difficile de reconnaitre ma vraie valeur, surtout sur le marché du travail. Je culpabilisais de ne pas trouver de job qui me plaise, j’avais peur de changer de voie car je n’étais pas à l’aise avec la sensation d’être à nouveau une débutante. Si les spécialistes sont reconnus dans leur domaine car il le maîtrise parfaitement, le généraliste se sent finalement très moyen, voire pas à sa place.

“L’une des croyances la plus commune chez les multipotentiels c’est que nous ne pouvons pas nous mesurer aux spécialistes qui travaillent dans le même domaine depuis des décennies.”

Aujourd’hui, je peux essayer de vous donner quelques clés pour ne plus se laisser submerger par ces sentiments, et nous redonner ainsi notre vraie valeur:

  • Être efficace importe plus qu’être le meilleur. Tant que le travail est bien fait, que tu es fier de ce que tu as fait, que tu es fier de toi, pourquoi avoir besoin d’être le meilleur? Ce n’est qu’une pression supplémentaire inutile.
  • C’est impossible d’être vraiment LE meilleur. Même en se dédiant entièrement à une seule discipline. Vouloir être le meilleur, ce n’est pas un peu comme vouloir être parfait? Personne ne l’est, personne ne le sera.
  • Il faut apprendre à expliquer en quoi nos différentes expériences peuvent servir à cette entreprise, pour ce poste. En quoi nous pouvons leur apporter de la valeur. Si notre parcours n’est pas linéaire, postuler pour un poste peut s’avérer stressant. Moi-même je n’osais pas car j’avais peur qu’on me juge sur mon parcours. Et bien sachez que ce parcours est une force. Grâce à lui, tu es unique et tu peux apporter quelque chose de différent. A toi de bien déceler les « plus » de ton parcours et ose te mettre en valeur!

Pour finir, je vous invite vraiment à regarder le TED talks d’Emilie Wapnick, mais également son site. Les articles sont très riches et vous découvrirez de nombreux exercices très utiles. Pour ceux qui sont comme moi, cela va vous faire un bien fou de se sentir compris, moins à l’écart. D’arrêter de douter de vous, d’avoir l’impression de ne rien maîtriser, d’avoir le sentiment de ne pas avancer. Emilie nous pousse à voir la multipotentialité comme une force, alors utilisons-là!

Et pour ceux qui ne se sentent pas multipotentiels, c’est tout à fait normal. Notre monde a besoin de spécialistes et de multipotentiels. N’oubliez pas: chacun est différent. Alors pourquoi lire cet article? Pour se rendre compte que tout le monde ne fonctionne pas de la même manière, de comprendre vos proches qui sont dans ces questionnements là et les aider dans leurs choix, les accompagner.

Et toi, quelle est ta force?

Sterenn

« Et toi, tu fais quoi dans la vie? »

Comme pour beaucoup, 2020 a été difficile pour moi. Cette période m’a fait réfléchir à ma situation professionnelle, beaucoup trop d’ailleurs. J’en étais venue à la conclusion que mon job ne me correspondait plus, que je devais en changer. Plus facile à dire qu’à faire! Je m’obstinais à vouloir évoluer dans le même secteur, je m’entêtais à rester à mon poste, pensant alors que ma réflexion n’était que passagère. Octobre, c’est le burnout. La boule au ventre avant d’aller au travail, le moral au plus bas. C’est le signal d’alarme, mon corps me dit stop. Je décide donc de démissionner d’un poste en CDI en pleine pandémie, n’ayant aucun plan de secours. Dans cet article, je vous confie les difficultés que j’ai pu rencontrer durant cette période, celle où l’on doute de sa propre valeur, où l’on se demande qui on est réellement.

Assumer son choix.

Admettre que j’étais sans emploi et surtout que je n’avais pas la moindre idée de ce vers quoi j’allais a été très compliqué. Inconsciemment, j’évitais les retrouvailles entre amis, les repas de famille car oui, j’avais honte. Peur aussi. J’avais alors des sentiments très contradictoires. Je savais que j’avais bien fait de démissionner. Cependant, je ne me sentais pas heureuse pour autant car j’avais peur d’avoir déçu mon entourage.

Vient alors mon premier rendez-vous avec l’Apec, pour m’aider dans mon projet de reconversion. Face aux conseillères, j’expliquais les raisons de ma démission et mon besoin de changer de voie. Lors de cet entretien, je me suis jurée de ne pas avoir peur du jugement, simplement rester vraie et honnête.

« Tu as eu beaucoup de courage, tu as pris la bonne décision ». Debout, face à moi, la conseillère venait de faire taire la petite voix dans ma tête qui avait la fâcheuse tendance à me rabaisser. Enfin, j’étais fière d’avoir écouté mon corps qui souffrait, d’avoir suivi mon instinct, mais aussi mon cœur. Suite à cet entretien, je me rendais compte que je pouvais ressortir grandie de cette expérience qu’est le chômage. Que je pouvais utiliser ce temps à bon escient et en sortir grandie. Je devais accepter mon choix et changer la linguistique. Ne plus y voir un échec mais une expérience de vie. Ne plus subir le chômage mais l’utiliser comme une opportunité.

Se connaître.

Sans perspective d’emploi, l’idée était de pouvoir répondre à la question « qu’est-ce que tu aimes faire? » afin d’entamer ma reconversion professionnelle. J’enchainais les tests de personnalité, de motivation, afin de mieux me connaître. Pour tout vous dire, je cherchais désespérément MA passion et le métier en lien direct avec celle-ci. C’était ÇA ma vision du job idéal. Je m’entêtais donc à trouver cette passion, cette activité qui me fait vibrer, où je ne vois pas le temps passer, celle qui pourrait me donner le sourire en allant travailler, pour finalement ne plus avoir le sentiment de subir le travail mais de l’apprécier.

Le flou total. J’écoutais des podcasts d’entrepreneuses, lisais des livres en tout genre, appliquais à la lettre les méthodes pour déceler une passion. Rien. Je n’arrivais pas à mettre de mot en valeur, ni à définir une activité qui me parlait plus qu’une autre. J’en venais même à me demander ce qui clochait chez moi pour éprouver autant de difficultés face à une question si simple. Je voyais l’image du « métier passion » s’éloigner de moi alors que je restais à quai, sans bouger.

Au fil de mon introspection, je me rendais compte que je me mettais beaucoup trop la pression. Je passais des heures à noter les activités que j’aime faire, sans trouver celle qui me passionne. Et c’est là que je me suis rendue compte que, finalement, ce qui me passionne, c’est de faire TOUTES ces choses! Lire un bon livre. Apprendre une nouvelle recette. Partir en randonnée le weekend. Photographier. Créer du contenu. Organiser un pique-nique entre amis. Parler anglais.

Aujourd’hui, je sais. Je ne suis pas passionnée par un seul sujet, mais je me prends de passion pour la vie. Apprendre un peu plus chaque jour. Découvrir un nouvel endroit. Tester une nouvelle activité. Et je sais qu’une vie entière à faire la même chose, une seule chose, ne me conviendrait pas. Voilà donc pourquoi il m’était si difficile de choisir mon métier. Je lâchais donc cette pression que je m’infligeais dans la quête du « métier passion ».

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Ne plus cocher de case.

« Et toi, qu’est-ce que tu fais dans la vie? ». L’une des questions les plus entendues lors de nouvelles rencontres. Une question qui peut sembler anodine, et pourtant.

Outre le sentiment premier de honte d’être au chômage, car oui, c’est toujours une situation mal vue en France, elle me donnait le sentiment qu‘on allait me juger dès que j’aurai donné ma réponse. « Je suis vendeuse ». « Je suis avocate ». En répondant, notre interlocuteur nous place, consciemment ou non, dans une case. Et si je ne travaille pas, comment répondre à cette question? Quelle case suis-je censée cocher? Je suis d’ailleurs tombée sur la BD d’Activaction qui représente tout à fait cette situation.

« Je suis vendeuse ». « Je suis avocate ». Du verbe « faire », nous passons au verbe « être ». Le métier devient notre identité alors que non, ce ne doit pas être le cas. Je ne suis pas vendeuse mais je vends. Je ne suis pas avocate mais je plaide, je défends. Le travail n’est qu’une composante de notre vie et ne définit pas qui nous sommes.

Et si tout simplement, nous demandions à l’autre ce qu’il aime dans la vie, ce qui l’inspire, ce qui le fait sourire, le rend heureux? Dans cet échange, il est tout à fait possible de dire qu’on aime son travail (et je le souhaite à tous d’ailleurs!). Ainsi, poser la question de cette manière permet de donner le pouvoir à l’autre de se dévoiler, d’exprimer ce qui l’anime, le tout sans jugement. Chacun est différent, chacun a une relation différente à son métier.

SOS Conseils: Avoir un métier qui te passionne, avoir plusieurs jobs, avoir une activité partielle, tout est possible, tout est OK. Avoir peur d’être en CDI, de choisir un seul métier, de se tromper, ça l’est tout autant. Si tu es en accord avec ce pourquoi tu fais ce métier, c’est tout ce qui importe. Bon nombre d’entre nous vivons dans la peur du jugement et la recherche de la validation d’autrui. Il est important de se détacher de ce poids, pour pouvoir vivre plus librement. Tu n’es pas seulement ton métier, tu es beaucoup plus que ça. Tu es toi. Ta personnalité, tes qualités comme tes défauts, ton histoire, ta singularité. Ne te sens pas coincé dans ce rôle qu’est ton métier. Au fond de toi, tu sais ce que tu vaux, tu sais qui tu es vraiment.

Et toi, qu’est ce qui te rend heureux?

Belle journée,

Sterenn